COMMUNIQUÉ DE PRESSE – publication en provenent du RANQ ( Source)

 [À Montréal, le 2 avril 2019] À l’occasion de la journée nationale des proches aidants du Canada, une pétition est lancée pour réclamer des mesures de soutien financier spécifiques afin de briser le cycle d’appauvrissement des personnes proches aidantes, dont le travail est invisible et non reconnu.

L’appauvrissement est une réalité vécue par trop de personnes proches aidantes. En effet, endosser ce rôle implique souvent de prendre en charge des dépenses de soins ou d’accompagnement. Au Canada, en 2015, selon la chercheuse Janet Fast, les proches aidants dépensaient en moyenne 7600$ par année pour la personne aidée, peu importe leur revenu initial. Ces dépenses supplémentaires, souvent couplées à une baisse de revenu, conduisent près de 20% des personnes proches aidantes à vivre dans une insécurité financière permanente.

Pourtant, le travail réalisé par les personnes proches aidantes a une valeur économique et sociale très importante. En effet, si elles étaient payées au salaire minimum, le budget de la santé augmenterait de 11%. Si l’on devait remplacer les heures effectuées par les proches aidants, cela coûterait entre 4 et 10 milliards de dollars et il serait nécessaire d’embaucher 1,2 millions de professionnels à temps complet.

Cette pétition vise à réclamer du gouvernement des mesures qui contribueront à enrayer le cycle d’appauvrissement des personnes proches aidantes :

  • Rendre le crédit d’impôt fédéral pour proches aidants remboursable
  • Élargir les critères d’accès aux prestations d’assurance-emploi
  • Mettre en place une allocation pour les proches aidants devant quitter leur emploi

En effet, le critère de « maladie grave » n’est pas déterminé clairement, mais pour beaucoup de proches aidants, des modifications provisoires à l’état de santé ou à la situation de la personne ayant une maladie chronique entraine le besoin d’être présent en continu pendant une période de plusieurs semaines afin d’assurer le rétablissement ou l’adaptation et la mise en place de nouvelles mesures de soutien. Selon Mélanie Perroux, coordinatrice du RANQ, « les personnes proches aidantes devraient être en mesure de recevoir les prestations d’assurance-emploi selon les besoins réels et non selon la maladie. En assumant le rôle d’aidant intensivement durant plusieurs semaines pour une personne étant dans une situation difficile, elles perdent souvent leur lien d’emploi, et beaucoup se retrouvent sans ressource ». Il faut noter aussi que ce sont majoritairement les femmes qui quittent leur emploi pour prendre soin d’un proche, et qui s’appauvrissent. Des mesures compensatoires, telle qu’une allocation canadienne de soutien aux proches aidants, quel que soit l’âge ou la maladie de la personne aidée, doivent être mis en place afin de réduire le fardeau financier leur incombant.

Le gouvernement se doit d’assurer une plus grande équité vis-à-vis des personnes proches aidantes et de reconnaître leur apport inestimable à la société par des gestes concrets.

Accès à la pétition E-2121 (Prestations sociales)

https://petitions.noscommunes.ca/fr/Petition/Details?Petition=e-2121

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