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Résilience

La résilience est un phénomène psychologique qui, pour un individu affecté par un traumatisme, consiste à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression. La résilience serait rendue possible grâce à la réflexion, à la parole, et l’encadrement médical d’une thérapie, d’une analyse. En un mot c’est l’acceptation.

Les différentes étapes de l’acceptation de l’A.V.C du proche

Pour la famille et les proches, devenir aidant naturel n’est pas une tâche évidente. Ce changement de rôle est souvent involontaire et imposé. De plus, ce rôle arrive dans un moment chargé d’émotivité.

La famille et en particulier, l’aidant naturel, devront passer par plusieurs étapes dans l’acceptation de l’A.V.C qui affecte l’un de leur proche. Chaque cheminement est individuel et les étapes peuvent s’entrecroiser.

1. Le déni

À ce stade, l’aidant naturel tente de se persuader:

  • Les symptômes sont temporaires.
  • Le médecin a dû faire une erreur.
  • La situation n’est pas aussi pire qu’elle ne paraît.
 L’étape du déni est importante car elle permet de se mobiliser et donne à l’aidant naturel le moyen de faire face à la situation.

2. Le refus

L’aidant naturel éprouve de la colère envers tout ce qui confirme le diagnostic:

  • Colère envers le médecin.
  • Colère envers le système.
  • Colère envers la personne atteinte.
  • Colère envers les membres de la famille.

3. Le deuil

Phase 1:

Engourdissement: Absence de réaction (engourdissement émotif) ou fonctionnement automatique.
Manifestation d’alarme: gémissements, hyperactivité, cris.

Phase 2:

Protestation: Cette phase se caractérise par deux éléments.
Le premier est lié à l’émergence des émotions. la négation se transforme en douleur, détresse, dépression. Ceci se manifeste souvent sous formes de nombreux symptômes physiques et psychologiques intenses: tristesse, colère, honte, impuissance, culpabilité, incompréhension, hallucinations, insomnie, etc.

Le deuxième élément est lié à un questionnement sur le sens de la perte. Avec l’émergence de la réalité de la perte de l’autonomie de la personne, la personne cherche à comprendre et donner un sens à celle-ci: «Pourquoi cela m’arrive-t-il?» La personne aura donc pour tâche, de tenter de trouver un sens à la perte de ce qu’elle vit.

Phase 3:

Désorganisation: La phase de désorganisation émerge progressivement lorsque la personne prend contact de façon permanente avec la réalité. Des sentiments de colère, de rage, d’anxiété et de peur sont ressentis pas la personne, l’aidant reconnaît le caractère de la perte d’autonomie sans toutefois pouvoir l’accepter. La douleur et le désespoir qui en résultent entraînent la personne à vivre une désorganisation au niveau de sa personnalité et de son univers complet. Le désespoir prend le sens d’une profonde crise existentielle.

Lors de cette crise les gens ont tendances à penser qu’elles régressent car les émotions sont très intenses. On remarque dans cette phase qu’il y a plusieurs remises en question, relations avec autrui redéfinition de sa personnalité selon de nouvelles valeurs de nouveaux buts et idéaux. Cependant, la redéfinition passe par une baisse de son estime de soi, des autoaccusations.

4. Acceptation:

La réorganisation: Cette étape du processus est celle ou l’acceptation de la perte d’autonomie se fait graduellement. L’aidant sent l’intensité de sa douleur s’amoindrir. La personne retrouve de l’intérêt pour le monde extérieur et recommence à investir dans de nouveaux projets. Il y a une restructuration de sa vie, il commence à être capable de bien fonctionner et de reprendre plaisir à la vie.

5. Intégration:

L’accueil, intégration de l’expérience, construction. La cause du deuil devient un souvenir. Maintenant qu’est ce que je fais avec tout cela, j’ai une nouvelle façon de vivre, de nouvelles forces, j’accepte des nouveaux défis.

6. Pardon:

On se lève un beau matin, comme si on était une nouvelle personne, une grande quiétude nous habite, comme une nouvelle vie.

Pardonner, c’est retrouver une plus grande paix intérieure, changer sa perception de l’injustice subit et de ceux qui en sont responsables. C’est arrêter de ruminer le passé et le remettre en perspective pour ne plus en être victime.

Ce qui était cause de souffrance est devenu en soi, apaisement, sourire, voire un « merci » pour l’expérience…Il s’est opéré une transformation qui n’a rien à voir avec la relativisation de l’étape précédente. Une transformation bénéfique nommée résilience (renaître de sa souffrance).