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Verlaine : comme si vous y étiez

L’atelier de ce matin s’est bien déroulé. Nous étions 15 participants.

Nous avons commencé la rencontre par un contact avec chacune des personnes présentes : chacune leur tour, elles répondent à une question que je leur pose. Ce matin, c’était : « Quel jeu ou quelle activité vous rappelle votre enfance ? »

M. Grenier nous a raconté qu’il  «tirait les pitounes de l’eau pour les mettre dans les autos » (les billots servaient à l’époque de bois de chauffage).
Claudette, quant à elle, nous a fredonné un air que certains ont reconnu. Il n’y a que Noémie, nouvellement arrivée, qui semble vivre entre deux mondes et qui, lorsqu’elle est parmi nous, a de la difficulté à faire sortir les mots. Nous trouverons bien une façon de la comprendre et de la rejoindre. Cela dit, elle sourit et s’amuse beaucoup !

Ce mois-ci, d’autres questions ont été proposées aux participants : exprimer le mot du jour ou le nom d’une personne qui vous est chère, par exemple. Ou encore, ce matin, ce que j’aime de moi, c’est … (exercice déjà expérimenté à l’aide d’un miroir. Résultat surprenant !) Ce matin, je suis fier (fière) de … Mon animal favori ou ma couleur favorite est … et pourquoi, etc.

Cette rencontre nous permet d’apprendre à connaître chaque personne, de lui permettre de se présenter et de prendre sa place. C’est aussi une façon pour nous de prendre les présences. Avec une quinzaine de participants, cette première étape dure entre 10 et 15 minutes.

Autre activité que nous avons faite ce matin : rythmes et sons

À l’aide d’instruments musicaux, nous battons le rythme d’une chanson simple. Ce matin, c’était: « Lundi matin, le roi, sa femme et son p’tit prince », À chaque changement de couplet, un participant donne son instrument à la personne située à sa gauche. De cette façon, M. Untel aura touché à au moins 7 instruments au cours de l’atelier.

Cette activité lui permet de prendre conscience des temps d’arrêt dans une chanson, de faire connaissance avec son voisin (qui change d’ailleurs à chacune des rencontres) et de trouver le rythme de la chanson. Nous choisissons une chanson que tout le monde connaît et dont les paroles se répètent, cela leur permet de faire deux choses à la fois, soit chanter et jouer d’un instrument.

Bien sûr, avec cette chanson qui parle des jours de la semaine, nous pouvons improviser en leur faisant, par exemple, lever les bras au ciel quand il est question du samedi matin dans la chanson, car le samedi est congé et on fait la grâce matinée. Le dimanche, il faut vite courir à la messe, car ça commence de bonne heure, etc. Tout le corps est alors sollicité.

Nous proposons entre 3 et 5 activités dépendamment de l’intérêt des participants et du temps qui est nécessaire à la compréhension d’une majorité de participants. Par exemple, nous faisons parfois le jeu des thèmes qui se déroule comme suit : au silence lors de l’arrêt d’un rythme et au signal du musicien (l’intervenant), nous crions tous ensemble une couleur (si tel est le thème). Cela peut prendre de 1 à 3 essais avant que la majorité des participants aient compris ce que l’on attend d’eux. Au lieu de changer constamment de thème (le nom d’une ville, une lettre, un animal, un instrument, un prénom, un son, une forme, etc.), j’ai remarqué qu’il est plus cohérent d’approfondir le thème afin de faire ressortir tout le potentiel de l’exercice. Je préfère alors proposer un qualificatif à la couleur choisie (par exemple, vert forêt) et offrir la possibilité aux participants de s’exprimer chacun leur tour. Le but du jeu est d’abord de sortir des mots et des sons sans retenue et sans trop réfléchir, mais cela se transforme souvent et donne lieu à d’autres idées. Il est possible de faire cet exercice sans instrument, par exemple en tapant une séquence sur les cuisses.

Autres activités intéressantes

Se présenter avec le son : À l’aide d’un instrument, la parole ou simplement en chantant, le participant se présente. Certains participants peuvent éprouver de la gêne. Peut-être pouvons-nous le proposer à ceux qui en ont envie ou simplement attendre que les participants soient plus familiers entre eux ? Nous le faisions lorsque le groupe était plus petit et cela semblait plaire à tous. Il faudrait leur demander (ce que nous faisons régulièrement).

Découvrir un  nouvel instrument : Nous présentons au groupe un nouvel instrument (ses origines, comment il est fabriqué, etc.) qu’ils peuvent essayer ou entendre. La semaine passée, c’était le bâton de pluie qui était à l’honneur. Je l’ai fait circuler pendant que jouait une chanson douce des Antilles qui s’intitule Hum ba ba, et cela leur rappelait le son de la mer. Cette chanson s’apprend facilement, car elle est faite de syllabes sans signification. Il n’y a rien à comprendre, mais tout à découvrir en se laissant bercer par les sonorités. C’est pourquoi j’invite chacun à se fermer les yeux et à s’imaginer sur le bord de la mer. Cette pièce est intéressante pour terminer l’atelier dans le calme et la détente. C’est touchant de voir Rose-Amande se fermer les yeux et se bercer au son de cette chanson.

Le chant des voyelles : Nous n’utilisons pas encore beaucoup cette idée, car les intervenantes semblent l’utiliser dans l’atelier qui suit le nôtre. Cependant, nous cherchons une façon de rendre cet exercice amusant et plus musical. Ma collègue propose de faire des ON, EN, IN, ce qui est déjà un peu différent, mais ce n’est pas encore tout à fait ça.

Le jeu des ressemblances : Avec ce que nous savons de la réalité des personnes aphasiques, j’ai pensé que ce jeu permettrait d’élargir le vocabulaire des membres du groupe. Par exemple, si je propose le mot chapeau, quels sont les autres mots qui ont une certaine ressemblance avec celui-là. Chameau, Chapleau, château, etc. Je n’ai pas eu la chance d’essayer cet exercice, mais je suis curieuse de voir la réponse qu’il susciterait.

L’écho : Le musicien ou l’intervenant fait un rythme et les participants répondent en faisant écho à celui-ci  avec leur instrument ou leur main. Il est possible de faire cet exercice en émettant des sons, faut d’instruments.

Les chansons : Jusqu’à présent, nous avons appris plusieurs chansons :
–         La laine des moutons
–         À la claire fontaine
–         Hum ba ba
–         L’eau vive
–         Mon ami pierrot
–         Les voyageurs de la Gatineau
–         L’enfant au tambour

De temps en temps, nous donnons la chance aux participants de chanter une chanson qu’ils connaissent.

Nos activités tiennent compte de la variété des besoins et des capacités de chacun des participants. Cela nous demande d’être très à l’écoute et de nous adapter constamment. Le résultat est souvent surprenant et toujours touchant. – Verlaine